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Journal télévisé RTL-TVI (extrait de la séquence du 19/02/2010)

Journal télévisé RTBF (extrait de la séquence du 04/08/2005)

Paru dans La Meuse (21/02/2004)

Journaliste: Laurence Briquet
Photos : Michel Crahay

L'ère de la domotique

L’entreprise d’Alleur réalise des installations électriques, sanitaires et de chauffage.

C’est en 1984 que Pierre Pirotte crée la société Pirotte SA (Alleur) dont il est l’actuel administrateur délégué. Avec son diplôme d’électricien, quelques années d’expérience et une farouche envie de “lancer sa propre entreprise”, il démarre ses activités dans le domaine de la rénovation.   
   
pir_bureau.jpg 'J’ai commencé par des dépannages puis j‘ai orienté les clients vers de nouvelles installations quand les leurs s’avéraient dangereuses. C’est comme ça que j’ai commencé”, explique-t-il. En 1987, il se spécialise peu à peu dans les nouvelles constructions et les maisons unifamiliales où le mot d’ordre est la planification. “Il y a 3 choses difficiles à gérer dans une nouvelle maison : le travail du plombier, celui de l’électricien et celui du chauffagiste. Ils sont tenus par la planification des autres corps de métier et interdépendants des chapistes et des carreleurs. D’où l’importance d’avoir une gestion rigoureuse des plannings”.

Au début des années ‘90, l’entreprise s’installe dans le parc industriel d’Alleur, dans un bâtiment de 5.000 m² racheté à une autre société. Pour l’heure, Pirotte SA emploie 25 personnes : 4 pour gérer l’administratif et 21 autres sur chantier (électriciens, plombiers et chauffagistes). L’entreprise travaille principalement en Wallonie et s’est spécialisée dans la  sous-traitance pour des promoteurs, dans le cadre de maisons unifamiliales. “Souvent, le particulier ne sait pas gérer un chantier. Pour nous, travailler pour des particuliers demande plus de démarches vis-à-vis d’eux alors que nous devons pratiquer les prix du marché. C’est la raison pour laquelle nous préférons collaborer avec des promoteurs.”, poursuit le patron de l’entreprise ansoise.

Informer par mail de l’avancement des chantiers

Passionné d’informatique, le personnel de la société Pirotte SA numérise tous les courriers et encode quotidiennement toutes les informations concernant les chantiers en cours. “Communiquer nos plannings est une priorité pour nous “, explique l’administrateur délégué. “Tous les matins, nous envoyons par email les données relatives aux chantiers aux promoteurs et aux architectes. Ils ont ainsi le planning de la journée. Ils savent ce qui va être fait, ce qui restera à faire et quand. C’est une manière de jouer la transparence vis-à-vis du client, de travailler sur des chantiers prêts et d’anticiper les ressources nécessaires pour le travail qui s’annonce”.

Parler à l'installation électrique de sa maison

pp.jpgComment définiriez-vous l’ambiance de travail dans votre entreprise?
Je crois pouvoir dire que nous avons un noyau soudé. Bon nombre de nos ouvriers sont dans la société depuis 5, 10 voire 15 ans. Certains en ont parlé autour d’eux et ont envoyé des gens de leur famille ou des amis pour travailler chez nous. Je pense que c’est un signe que l’ambiance est bonne.

Le secteur de la construction se porte bien?
Cela va mieux cette année que ce que nous avons connu depuis 2 ans, depuis la crise qui a touché tous les secteurs. La maison unifamiliale a la cote, les taux d’intérêt sont relativement bas et le clé sur porte permet une maîtrise des budgets assez stricte pour le client. Notre avenir est assuré.

Vous le voyez comment, cet avenir?
La manière de travailler ne va pas fondamentalement changer mais on va de plus en plus vers des groupes d’immeubles à cause de la pénurie de terrains, l’idée étant d’optimaliser les surfaces au sol. A mon sens, on verra donc peut-être moins de maisons à 4 façades et plus d’appartements et d’ensembles de maisons.

Est-ce que cela sera différent en Wallonie et en Flandre?
En Wallonie, la maison est plus traditionnelle. On investit plus dans des éléments ayant fait leurs preuves. En Flandre, les budgets sont plus importants.

Pouvez-vous définir la maison du futur?
On va vers la domotique, c’est-à-dire vers l’intégration à l’habitat d’automatismes en matière de sécurité, de gestion de l’énergie... Cela permet de commander toute une série de fonctions quand on n’est pas à la maison (quitter la maison et la lampe s’éteint). Quand on choisit la domotique, on n’est pas obligé de déterminer très tôt, lors de la construction d’une maison (c’est-à-dire avant les chapes et le plafonnage), d’où on va commander telle ou telle lampe. C’est un secteur qui bouge même s’il est grosso modo 40 % plus cher qu’une installation traditionnelle. On attend d’ailleurs beaucoup de la commande vocale qui ne demandera aucun câblage pour des interrupteurs. Il faudra seulement être prêt psychologiquement à parler à son installation électrique...

Et du côté de l’environnement?
On va de plus en plus vers l’énergie solaire. Il y a une forte demande pour cela. Le chauffe-eau solaire connaît un succès grandissant. Pour ce qui est du respect de l’environnement, on constate que la clientèle demande de plus en plus à pouvoir récupérer l’eau de pluie.

ACTIVITÉ

Loin de la réalité de terrain

À la recherche d’ouvriers qualifiés, l’entreprise est aussi en quête d’apprentis motivés.

pirotte_ext.jpg“Il existe une pénurie cruciale en personnel dans le secteur de la construction. Cela concerne aussi bien les électriciens que les plombiers et les chauffagistes”, argumente le patron de Pirotte SA. “Dans notre entreprise, nous avons de la place pour des jeunes à qui on apprend le métier parce que, à mon sens, il existe une inadéquation entre le système scolaire et les besoins sur le chantier. Le programme scolaire est en décalage avec la réalité de chantier. 

On n’apprend en effet pas dans les écoles ce qui se fait sur chantier. C’est déplorable mais c’est la réalité”, regrette Pierre Pirotte. Malgré cette pénurie en personnel, le secteur semble promis à des jours meilleurs. “Cela va mieux cette année que les 2 années précédentes. Les taux sont relativement bas et il y a de l’avenir dans le bâtiment ! “.

Paru dans ATRIUM (11/2002)

Lieu privilégié d’information, de promotion et d’échanges, le FORUM TELECOM remporte bien plus qu’un succès d’estime. Ceux qui le fréquentent, plus ou moins régulièrement d’ailleurs, se félicitent généralement de la qualité des informations qui y sont dispensées et des orateurs, le plus souvent des « techniciens de terrain ».

Pierre Pirotte par exemple, de la société du même nom spécialisée dans l’équipement électrotechnique du bâtiment (électricité, chauffage, sanitaire, alarme) et installée dans le parc d’Alleur, est un décideur pour le moins branché : liaison avec ses inter venants sur chantier par e—mail, numérisation automatique de tout courrier entrant, plannings on-line, relations avec les fournisseurs  uniquement par e-mail, site Internet de qualité (www.pirotte.com),….

« Le FORUM TELECOM » , je le fréquente trois ou quatre fois par an, lorsque le sujet ou les orateurs m’intéressent, explique t il. Je vais y « humer l’air du temps» pour voir d’où vient le vent et chercher de I’information brute. C’ est par exemple avec de telles infos que j’ ai pu choisir en toute connaissance de cause ma solution d’archivage électronique».

Article paru dans « LA LIBRE ENTREPRISE » du 8 avril 2000


Des fusibles et de l’info, pour faire la différence.

Le bâtiment, peu propice aux nouvelles technologies ? Dans un secteur aux marges réduites et aux charges sociales élevées, la société Pirotte entend aborder les choses « autrement » pour générer une rentabilité.


Reportage par Liliane Fanello

 A priori, autant de chemins séparent une entreprise d’électricité - chauffage - sanitaire d’Internet qu’un éléphant d’un ballet de Tchaïkovski. Rien à voir. C’est en tout cas ce qu’une bonne partie des clients de la société Pirotte ont dû penser lorsque Pierre Pirotte, l’administrateur, a pris son bâton de pèlerin, il y a cinq ans, pour essayer de les convaincre de travailler avec Internet. Mais cinq ans en matière de technologies, c’est une éternité. L’accès à Internet n’était pas gratuit comme aujourd’hui et les ordinateurs n’étaient pas ce qu’ils sont. “Nous nous y sommes mal pris”, reconnaît Pierre Pirotte, «car nous avons travaillé avec Internet trop tôt”. L’aventure électronique de la société liégeoise, spécialisée dans les maisons unifamiliales, a débuté avec la société elle-même. Un peu par nécessité - “ayant arrêté l’école à 17 ans, je me suis rendu compte que je n’avais pas d’orthographe et que taper une lettre à la machine était pour moi mission impossible» — beaucoup par passion, l’électricien s’est rapidement acheté un premier ordinateur. «Ma femme m’a ramené MS Dos Facile et nous avons appris les commandes de base comme ça”.

Passons les détails de l’apprentissage pour en arriver à la première révolution: en 1995, le “self made internaute” crée son propre site, Pirotte.com. «Dans le bâtiment, le problème n’est pas tellement d’avoir du retard, que vous téléphoniez à un plombier ou à un électricien, nous avons tous du retard, parce que nous travaillons souvent dans l’urgence…  ‘ mais de ne pas savoir pourquoi nous avons du retard et de tourner au tour du pot avec le client'. C’est pourquoi l’entrepreneur décide de jouer la carte de la transparence en diffusant sur son site le planning des chantiers, avec les informations précises sur l’état d’avancement, les retards de chaque chantier et les raisons de ces retards (paiement tardif du client final, compteur d’eau pas encore installé...). Inutile de préciser que cette idée « géniale » a, de prime abord, été assez mal accueillie par les collègues: « Mais tu es fou, si tu diffuses un planning, tout le monde va se rendre compte du retard et on va se faire jeter de partout ! »

Petit à petit, les premières réticences se sont estompées. Et Pierre Pirotte a aidé ses propres clients à installer Internet chez eux. Luc Hollart, administrateur de la société Isovilla, est de ceux-là: “Au départ, je ne voyais que le côté négatif, à savoir qu’il faut apprendre à s’en servir et je n’en avais pas le temps. Mais une fois qu’on voit le gain de temps que cela apporte... Au lieu de consacrer chaque semaine une demi-journée à mes plannings, j’ai aujourd’hui besoin de quelques minutes par jour'. La démarche a apporté à la société Pirotte un plus en terme d’image et lui a permis de construire une relation positive avec ses clients.

Mais c’est en interne que la méthode a porté le plus de fruits. Toute l’information sur les chantiers se trouve regroupée sur une seule ligne du temps. La société, qui emploie une trentaine de personnes et réalise un chiffre d’affaires annuel de 100 millions de francs (2,48 millions d’euros), évite toute redondance dans l’information, sa matière la plus précieuse. Rien ne se perd. Et les ouvriers, amenés à travailler avec une messagerie électronique, ont été sensibilisés à l’importance d’une information rigoureuse et centralisée à un seul et même endroit. Etape supplémentaire dans l’évolution technologique: Pierre Pirotte a installé un système de gestion des appels  téléphoniques, le CTI (Computer Telephony Integration), qui permet de lier la base de données concernant clients et chantiers aux appels téléphoniques.  En d’autres mots, l’identification du client apparaît à l’écran avant de commencer une conversation, ce qui permet à l’entreprise de personnaliser l’accueil, mener la discussion et arriver à l’essentiel en un minimum de temps sans devoir demander au correspondant de répéter son problème pour la énième fois.

Pour Pierre Pirotte, c’est toute cette organisation qui fait la différence, en termes de rentabilité. “Dans le secteur des maisons uni familiales explique-t-il, toutes les entreprises arrivent à une marge de 4 à 5 % en moyenne. Nous  travaillons donc à un prix du marché et sommes dans un mouchoir de poche. Ce n‘est pas sur le prix de vente que l’on peut dégager une marge bénéficiaire et différencier l’entreprise. Il est assez grisant de voir que si vous donnez un même chantier, au même prix à deux entreprises différentes, vous obtiendrez un résultat différent. C’est donc la manière dont on aborde les choses qui déterminent le résultat”. Et la désorganisation entraîne une perte de rentabilité incontestable ‘Un ouvrier dans le bâtiment coûte 15 francs la minute. Il y a là une réalité économique implacable: un type qui perd dix minutes sur un chantier à cause d’une information incorrecte, ce sont 150 francs qui s‘en vont de la cagnotte. Or, la cagnotte n’est alimentée que par le prix de vente du chantier”.

Répondre aux émails?
Il faudra longtemps avant que je m’y fasse

Lundi, 6h30. C’est l’animation dans le “local des hommes'. On avale une dernière tasse de café et on grille une cigarette avant le départ pour les chantiers. Au milieu de la pièce trônent deux ordinateurs. Insolite. Ce sont les “bécanes” réservées aux hommes. Chacun a sa propre adresse électronique @Pirotte.com. Chez Pirotte, c’est le moyen habituel pour communiquer avec le patron. “On ne se voit pas souvent, c’est donc utile pour transmettre les infos”, explique Selcuk. “J’ai travaillé ailleurs avant et on n'utilisait pas ce genre de système. C’est vrai que c’est plus direct. Tout est noté. C’est mieux qu’un morceau de papier qu’on peut égarer”.

Léon, lui, travaille dans la boîte depuis huit ans environ. Aujourd’hui, il est devenu le “Monsieur Internet'. Il s’occupe de la mise à jour du site et forme les nouveaux à l’utilisation de l’e-mail. «Il y en a qui aiment, d’autres pas, ou qui s’en fichent. Mais tout le monde est quand même obligé de l’utiliser pour les demandes de congés”. D’autant que le patron est plutôt du genre à casser les pieds quand une information n’est pas notée là où il faut.
 A l’écran, quelqu’un s’est amusé à renommer les raccourcis vers les boîtes à messages. «Be happy Christian, The Error Eric, The Wonderful Hussein, 48 h de plus, Fabian . . .  “. “C’est chouette, ces raccourcis personnels», glisse le patron de la société, “parce que cela identifie chacun au groupe'.

Bernard, 43 ans, est un des plus âgés de la société. Il est aussi parmi les plus réfractaires. “Je n’ai jamais été habitué à cela. Et puis, c’est une question d’anglais. Je n’ai pas appris l’Anglais à l’école”. Ce matin, il n’y a aucun message dans sa boîte. “Tant mieux”, sourit-il, “Prendre mes messages et répondre de temps en temps, ça va. Mais il faudra longtemps avant que je m’y habitue”. En attendant, Bernard a parlé à sa femme d’acheter un ordinateur: «Comme ça, je pourrai m’y habituer aussi. Mais je veux un programme en français !»

Il y aura sans doute plus de messages ce soir, lorsque les plannings auront été mis à jour en fonction des rapports de la journée. Chacun verra sur quel chantier il devra se rendre demain. Dans le bureau d’à côté, Pierre Pirotte termine d’imprimer les plannings du jour avec un sourire jusqu‘aux oreilles: «Je ne les savais pas aussi prolixes sur le sujet”. Il est presque 7h. Les dernières équipes embarquent à bord des camionnettes.